Dans les couloirs du Service Régional d’Archéologie de Nouvelle-Aquitaine, à Poitiers, les tables disparaissent sous les cartes, les photographies aériennes et les céramiques néolithiques soigneusement emballées dans du papier de soie. C’est dans cet univers de fragments et de millénaires que travaille Dr. Christine Morel depuis dix-huit ans. Chargée d’études au SRA, elle coordonne les fouilles et expertises sur les sites préhistoriques du département de la Vienne. Auteure de “Mégalithes du Centre-Ouest” aux Presses Universitaires de Rennes en 2023, elle est aujourd’hui l’une des références nationales pour la compréhension du peuplement néolithique du Poitou. La Vienne, nous explique-t-elle avec une conviction tranquille, possède l’un des plus beaux ensembles mégalithiques du Centre-Ouest de la France — un trésor souvent éclipsé par la notoriété des carnets bretons mais d’une richesse comparable. Nous l’avons rencontrée pour parler des dolmens d’Arlait, de l’histoire des bâtisseurs néolithiques, et de ce que la science récente nous apprend sur ces hommes et femmes qui ont façonné les premiers paysages de la Vienne.
Dr. Christine Morel Archéologue, chargée d’études au SRA Nouvelle-Aquitaine 18 ans de fouilles | Poitiers, Vienne (86) Spécialité : sites néolithiques Centre-Ouest, mégalithes, sépultures collectives Publication : “Mégalithes du Centre-Ouest” (Presses Universitaires de Rennes, 2023)
“Un dolmen, ce n’est pas qu’une pierre. C’est une conversation entre les vivants et les morts qui dure depuis 5 000 ans.”
Marie Fonteneau : Comment êtes-vous arrivée à l’archéologie préhistorique dans la Vienne ?
Dr. Morel : Par accident, comme souvent dans cette discipline. J’ai commencé des études d’histoire à Bordeaux avec l’intention de me spécialiser sur le Moyen Âge. Et puis, en deuxième année, j’ai suivi un cours d’archéologie préhistorique qui m’a littéralement retourné la tête. Le professeur avait une façon de parler des néolithiques qui les rendait terriblement humains, terriblement proches de nous. Ces gens qui enterraient leurs morts avec soin, qui construisaient des monuments destinés à durer des millénaires, qui organisaient le territoire en fonctions de rituels et de croyances — ils n’étaient pas “primitifs”, ils étaient complexes. J’ai changé de spécialisation. Puis, lors de mon master, j’ai effectué un stage de fouille dans le sud de la Vienne et j’ai été frappée par la densité du patrimoine mégalithique dans ce département. La Vienne est un territoire extraordinaire pour l’archéologie préhistorique : le calcaire local a favorisé la construction de dolmens et la conservation des ossements, ce qui est rare. Je suis restée. J’ai rejoint le SRA Nouvelle-Aquitaine il y a dix-huit ans et depuis, je n’ai pas quitté ce terrain.
Marie Fonteneau : Qu’est-ce qui rend les dolmens d’Arlait à Château-Larcher remarquables ?
Dr. Morel : Plusieurs choses. D’abord, les dolmens d’Arlait constituent un ensemble cohérent — plusieurs structures mégalithiques dans un périmètre restreint, ce qui suggère un usage funéraire concentré sur ce secteur pendant une longue période. Ce n’est pas un monument isolé, c’est une nécropole à ciel ouvert. Ensuite, leur état de conservation est remarquable compte tenu de leur âge. Cinq mille ans d’intempéries, de labours, d’occupations humaines successives — et ces pierres sont toujours là, toujours debout. La qualité du calcaire local y est pour beaucoup. Enfin, le contexte géographique est fascinant. Les dolmens d’Arlait sont situés sur un promontoire qui domine la vallée de la Clouère. Les bâtisseurs néolithiques n’ont pas choisi ce site par hasard : la visibilité depuis ce point est exceptionnelle. On peut voir à plusieurs kilomètres dans toutes les directions. Ce même promontoire sera choisi par les seigneurs médiévaux pour édifier leur château fort, des millénaires plus tard. C’est une continuité remarquable dans la logique de maîtrise du territoire : les hommes, à travers les siècles, reviennent toujours aux mêmes points stratégiques.
Marie Fonteneau : Comment les néolithiques de la Vienne construisaient-ils ces mégalithes ?
Dr. Morel : C’est la question que tous mes étudiants posent en premier, et c’est une bonne question. Les dalles de calcaire utilisées pour les dolmens du Poitou pèsent entre une et plusieurs dizaines de tonnes. Sans machines, sans métal, sans roue telle que nous l’entendons — comment les déplacer ? Nous avons reconstitué les techniques par l’archéologie expérimentale, c’est-à-dire en tentant de reproduire le geste. La réponse, c’est : le levier, le traineau, le rouleau, et surtout — beaucoup de bras. Des expériences menées dans les années 1990 au Danemark ont montré qu’une dalle de dix tonnes pouvait être déplacée sur quelques centaines de mètres par une cinquantaine de personnes en quelques jours, avec des techniques rudimentaires mais ingénieuses. La principale ressource, c’était l’organisation sociale. Un dolmen ne se construit pas seul, ni même à vingt. C’est un projet communautaire qui implique une planification, une coordination, une autorité capable de mobiliser les ressources humaines. Ce que nous dit la construction d’un dolmen, c’est qu’il existait, il y a cinq mille ans dans la Vienne, des communautés capables de projets collectifs de longue haleine. C’est une forme de civilisation, même si le mot peut sembler anachronique.
Marie Fonteneau : Que sait-on des rituels funéraires pratiqués dans ces dolmens ?
Dr. Morel : Beaucoup plus qu’on ne le croit grâce aux fouilles systématiques des dernières décennies. D’abord, les dolmens étaient des sépultures collectives, réutilisées sur plusieurs générations, parfois sur plusieurs siècles. On retrouve des ossements de dizaines d’individus dans une même chambre funéraire. Les morts n’étaient pas enterrés une fois pour toutes : les anciens ossements étaient parfois rassemblés, organisés, déplacés pour faire place aux nouveaux défunts. C’est une conception de la mort très différente de la nôtre. Ensuite, les fouilles révèlent fréquemment des offrandes : céramiques, silex taillés, parures en pierre ou en coquillage. Ces objets n’étaient pas là par accident — ils accompagnaient les défunts dans ce que les bâtisseurs croyaient être un au-delà ou une autre forme d’existence. La qualité de certaines offrandes indique que certains individus avaient un statut particulier, ce qui suggère une différenciation sociale au sein de ces communautés néolithiques. Enfin, les analyses isotopiques des ossements permettent aujourd’hui de reconstituer les régimes alimentaires et même les migrations des populations. Nous savons désormais que les néolithiques viennois n’étaient pas sédentaires au sens strict : ils se déplaçaient, échangeaient avec des communautés éloignées, participaient à des réseaux régionaux.

Marie Fonteneau : Y a-t-il des différences entre les dolmens de la Vienne et ceux de Bretagne ?
Dr. Morel : Oui, et ces différences sont instructives. Les dolmens bretons sont en général plus grands, souvent construits en granit, avec parfois des allées couvertes qui peuvent atteindre vingt mètres de longueur. C’est spectaculaire, et c’est en partie pourquoi la Bretagne a une réputation mégalithique bien établie dans l’imaginaire collectif. Les dolmens viennois sont en calcaire, généralement plus compacts, avec des chambres funéraires plus petites. Mais ils ne sont pas moins riches archéologiquement. Ce qui distingue le Poitou, c’est la concentration de sites dans un territoire relativement restreint, et la qualité de conservation des ossements grâce au calcaire local. Les analyses comparatives entre les mégalithes du Centre-Ouest et ceux de Bretagne ou de la façade atlantique montrent qu’il existait des échanges culturels entre ces régions dès le néolithique. On retrouve des techniques de construction similaires, des types de poteries comparables. Ces communautés n’étaient pas isolées. Pour replacer cette histoire dans la longue continuité du patrimoine rural, l’histoire de Château-Larcher et de ses millénaires d’occupation humaine offre une perspective fascinante : du néolithique à la féodalité, le même sol a été habité, transformé, transmis par des générations de Poitevins. Au-delà de ces comparaisons régionales, la continuité entre préhistoire et patrimoine rural s’exprime aussi à travers le petit patrimoine vernaculaire : l’héritage des croix de chemin, menhirs et pierres dressées dans le patrimoine rural français offre une lecture ethnographique complémentaire de ces pratiques rituelles qui traversent les millénaires.
Marie Fonteneau : Comment identifie-t-on l’âge d’un dolmen ? Quelles méthodes utilisez-vous ?
Dr. Morel : Nous disposons aujourd’hui de plusieurs méthodes complémentaires. La plus précise est la datation radiocarbone, ou carbone 14. Elle s’applique aux matières organiques — ossements humains, charbons de bois, graines carbonisées — retrouvées à l’intérieur ou à l’immédiate proximité du dolmen. Un fragment d’ossement bien conservé peut nous donner une date avec une marge d’erreur de quelques décennies à quelques siècles. Pour les dolmens d’Arlait, des comparaisons typologiques avec des structures datées dans d’autres régions permettent d’estimer une période de construction entre 3500 et 2500 avant notre ère. Une datation radiocarbone directe serait plus précise, mais elle nécessite la présence de matière organique en bon état dans le sédiment, ce qui n’est pas toujours le cas. L’autre grande méthode est l’analyse du mobilier archéologique : les types de céramiques, les formes de silex taillé, les types de parures évoluent au fil des siècles et constituent de véritables marqueurs chronologiques. Un spécialiste expérimenté peut dater approximativement un site juste par le mobilier retrouvé en surface ou lors de fouilles. La dendrochronologie — datation par les cernes du bois — est moins applicable aux mégalithes qui n’utilisent pas le bois comme matériau principal, mais elle peut intervenir si des poteaux en bois contemporains sont conservés à proximité.
Marie Fonteneau : Quels autres sites néolithiques remarquables la Vienne possède-t-elle ?
Dr. Morel : Le département est extrêmement riche. Autour de Dissay, au nord de Poitiers, on trouve plusieurs dolmens bien conservés, dont certains ont fait l’objet de fouilles récentes qui ont livré des résultats passionnants sur les pratiques funéraires. À Antogny-le-Tillac, dans le Chinonais limitrophe, un groupe de monuments mégalithiques est classé depuis les années 1970. Dans le secteur de Vivonne et Lusignan, au sud-ouest de Poitiers, la concentration de sites néolithiques est remarquable — c’est un territoire où les prospections de surface révèlent régulièrement de nouvelles structures enfouies. Le département de la Vienne compte entre quatre-vingts et cent structures mégalithiques recensées, dont une trentaine en état relativement bon. C’est considérable. Le problème, c’est la visibilité : beaucoup de ces sites ne sont pas signalés touristiquement, et les visiteurs qui ne connaissent pas le terrain peuvent passer à côté sans les voir. Pour découvrir l’ensemble du patrimoine mégalithique de la région, le guide archéologique des mégalithes de la Vienne est une ressource indispensable qui recense et cartographie les principaux sites accessibles au public.
Marie Fonteneau : Le classement Monument Historique protège-t-il vraiment les dolmens d’Arlait ?
Dr. Morel : Le classement MH est une protection juridique solide, mais elle n’est pas infaillible. Il interdit les modifications, destructions ou travaux non autorisés dans un périmètre de cinq cents mètres autour du monument. En théorie, un agriculteur ne peut pas labourer à moins de cinq cents mètres d’un dolmen classé sans autorisation préalable de la DRAC. En pratique, la surveillance est compliquée sur des sites de plein air disséminés dans la campagne. Les grandes menaces sont moins spectaculaires que les destructions volontaires : c’est l’érosion lente des mortaises par le gel et le dégel, la végétation qui s’infiltre dans les joints, les mouvements du sol liés aux labours profonds sur les parcelles voisines. La DRAC Nouvelle-Aquitaine effectue des missions de contrôle régulières. Pour les dolmens d’Arlait et les autres mégalithes de la Vienne, un suivi photographique annuel permet de détecter les évolutions. Je dois dire que les riverains et les agriculteurs locaux jouent souvent un rôle de surveillance informelle très précieux. Ce sont eux qui signalent en premier les actes de vandalisme ou les dégradations. Pour approfondir cette question de protection et comprendre d’autres angles de la valorisation patrimoniale, l’interview de l’archéologue néolithique précédemment publiée apporte des éléments complémentaires sur le contexte régional.
Marie Fonteneau : Quelles découvertes récentes ont changé notre compréhension du néolithique viennois ?
Dr. Morel : Deux découvertes majeures dans les dix dernières années ont vraiment fait évoluer notre vision. D’abord, les analyses ADN anciens sur des ossements retrouvés dans des dolmens du Centre-Ouest. Ces analyses, réalisées dans des laboratoires spécialisés, permettent de retracer les liens de parenté entre individus enterrés dans un même dolmen, et de comprendre les dynamiques migratoires à grande échelle. Les résultats sont fascinants : les néolithiques du Poitou avaient des origines génétiques majoritairement anatoliennes — ce sont des agriculteurs venus du Proche-Orient qui ont progressivement colonisé l’Europe occidentale à partir de 6000 avant notre ère. Ce mouvement de population a peu à peu remplacé les chasseurs-cueilleurs mésolithiques qui occupaient le territoire auparavant. L’autre avancée majeure, c’est l’utilisation du LIDAR — Light Detection And Ranging — par avion ou drone pour cartographier les paysages sous la végétation. Cette technologie, qui envoie des milliers d’impulsions laser par seconde, permet de “voir” sous les arbres et les broussailles et de détecter des structures enfouies ou masquées par la végétation. Dans la Vienne, des prospections LIDAR récentes ont révélé des structures potentiellement néolithiques dans des secteurs qui n’avaient jamais été fouillés. Ces découvertes prometteuses attendent des confirmations par fouilles au sol.
Marie Fonteneau : Quel message passeriez-vous aux visiteurs qui viennent voir les dolmens d’Arlait ?
Dr. Morel : Je leur dirais d’abord : ne touchez pas les pierres. Je sais que c’est tentant — poser la main sur une pierre vieille de cinq mille ans, c’est un contact physique avec l’histoire extraordinaire. Mais les matières grasses de nos mains accélèrent la dégradation du calcaire. Regardez, approchez-vous, photographiez autant que vous voulez, mais ne touchez pas. Ensuite, je leur dirais de prendre le temps de regarder le paysage. Les néolithiques qui ont construit ces dolmens ont choisi ce site pour une raison : ils voyaient quelque chose depuis ce promontoire que nous pouvons encore voir aujourd’hui. Quelle était leur relation au territoire ? Qu’est-ce que cette vallée représentait pour eux ? Ces questions sans réponse définitive sont l’âme de l’archéologie. Enfin, je leur dirais de ne pas séparer le néolithique du médiéval dans leur visite de Château-Larcher. Ces deux patrimoines coexistent sur le même territoire, séparés par cinq mille ans mais liés par la même logique de maîtrise et d’aménagement du territoire. Passer des dolmens d’Arlait à la lanterne des morts, c’est traverser cinq millénaires d’histoire humaine en quelques centaines de mètres. Il n’y a pas beaucoup d’endroits en France où c’est possible avec une telle densité et une telle qualité de conservation.

Vrai ou faux — idées reçues sur les dolmens
“Les druides construisaient les dolmens.” Vrai ou faux ?
Dr. Morel : Faux, et c’est l’une des confusions les plus répandues. Les druides appartiennent à la culture celtique, qui se développe entre 800 et 200 avant notre ère. Les dolmens, eux, ont été construits au néolithique, entre 4500 et 2000 avant notre ère. Il y a donc au moins deux mille ans de décalage entre les bâtisseurs de dolmens et les druides. Cette confusion vient en partie du romantisme du XIXe siècle, qui a attribué aux druides tout ce qui semblait mystérieux dans le paysage. Les vrais bâtisseurs de dolmens étaient des agriculteurs néolithiques, sans lien avec la culture celtique.
“Les menhirs et les dolmens, c’est la même chose.” Vrai ou faux ?
Dr. Morel : Faux. Le dolmen est une chambre funéraire — plusieurs dalles verticales soutenant une dalle horizontale, formant une sorte de table ou de tente de pierre. Le menhir est une pierre dressée verticalement, seule ou en alignement. Leurs fonctions semblent différentes : le dolmen est clairement funéraire, le menhir est moins bien compris — marqueur territorial ? repère astronomique ? monument votif ? Les deux sont néolithiques, mais ce ne sont pas les mêmes structures.
“Les dolmens étaient les habitations des hommes préhistoriques.” Vrai ou faux ?
Dr. Morel : Faux, et cette idée persiste malgré tout. Les dolmens étaient des tombes, pas des maisons. Les néolithiques vivaient dans des habitations en bois et en terre qui ont disparu sans laisser de trace visible, ou en grottes naturelles pour certains groupes. Ce qui a survécu cinq mille ans, ce sont les constructions en pierre massive — et les pierres massives, on les utilisait pour les morts, pas pour les vivants. Les maisons courantes ne méritaient pas, dans cette logique, l’investissement colossal que représentait la construction d’un dolmen.
“Il n’y a pas de dolmens importants en dehors de la Bretagne.” Vrai ou faux ?
Dr. Morel : Faux, et c’est un préjugé qui dessert les régions comme la Vienne. La Bretagne a une concentration mégalithique exceptionnelle et une notoriété bien méritée, mais elle est loin d’être la seule région concernée. L’Aveyron, le Gard, le Lot-et-Garonne, la Charente, la Vienne — des dizaines de départements français possèdent des ensembles mégalithiques remarquables. En termes de qualité de conservation et de richesse archéologique, le Centre-Ouest de la France est parfaitement comparable à la Bretagne.
“Les fouilles archéologiques détruisent les dolmens.” Vrai ou faux ?
Dr. Morel : Partiellement vrai, mais très nuancé. Une fouille archéologique non documentée, mal conduite ou pillée détruit effectivement un site de manière irréversible. C’est pourquoi les fouilles professionnelles sont encadrées par des protocoles stricts : tout ce qui est retiré du sol est documenté, photographié, dessiné et conservé. La fouille scientifique ne détruit pas — elle transforme l’information stratigraphique en connaissances. Mais il est vrai que certains dolmens ont été “fouillés” au XIXe siècle dans des conditions qui nous feraient aujourd’hui bondir : des amateurs qui creusaient à la pelle en une journée et conservaient les beaux objets en oubliant le reste. Ce passé trouble de l’archéologie amateur a laissé des traces dans certains sites qui auraient pu livrer des informations précieuses.
3 choses à retenir de cet entretien
1. Les dolmens d’Arlait ne sont pas des curiosités isolées. Ils s’inscrivent dans un ensemble mégalithique régional cohérent — le Centre-Ouest possède l’un des patrimoines néolithiques les plus riches de France, souvent méconnu par rapport à la Bretagne. La Vienne compte entre quatre-vingts et cent structures mégalithiques recensées.
2. Les bâtisseurs de dolmens étaient des hommes et des femmes complexes. Ce n’étaient pas des “primitifs” : ils organisaient des projets collectifs de grande envergure, entretenaient des relations funéraires élaborées avec leurs morts, participaient à des échanges régionaux, et façonnaient des paysages qui reflétaient leurs croyances et leur organisation sociale. Les analyses ADN le confirment : ces sont les ancêtres génétiques d’une grande partie des Européens actuels.
3. Le patrimoine néolithique de Château-Larcher se visite en continuité avec le patrimoine médiéval. Des dolmens d’Arlait au château fort et à la lanterne des morts, c’est cinq mille ans d’histoire humaine sur quelques centaines de mètres. Cette densité chronologique exceptionnelle fait de Château-Larcher un site unique non seulement dans la Vienne, mais en Nouvelle-Aquitaine. Pour préparer votre séjour, toutes les informations pratiques sur la visite de Château-Larcher sont disponibles : accès, hébergements et circuits recommandés. Cette démarche de mise en valeur du patrimoine multimillénaire trouve un écho dans d’autres territoires ruraux, comme la valorisation du patrimoine cistercien dans le Pays de Quingey dans le Doubs.
